Questionnaire de Proust-Walton

Aujourd’hui sur g0ne, j’annonce une nouvelle série. Je voulais inventer une ruse pour amener à contribuer à ce blog les pêcheurs qui me parlent, à travers leurs écrits ou en direct, ceux qui me font rêver ou vibrer ou réfléchir ou baver ou n’importe quel autre affect d’intensité suffisante, pour peu qu’il ne soit pas triste (:wink wink: Spinoza)…

Marcel Proust, faisant le malin

J’ai donc inventé un questionnaire, vaguement adapté de celui de Proust, tordu pour le rendre pertinent pour la question de la pêche, que j’ai en conséquence finement baptisé le

Questionnaire de Proust-Walton

Si tu étais une rivière :
Si tu étais un poisson :
Si tu étais une technique :
Si tu étais une saison :
Une qualité que tu admires chez un pêcheur :
Une qualité que tu admires chez un poisson :
Ta plus vieille/belle/terrible/atroce/étonnante histoire de pêche :

Watch this space, comme on dit en Auvergne. Premier invité bientôt, Paul Arden, Mr. Sexyloops en personne. Planquez les demoiselles.

Mouches pour carnassiers

Aujourd’hui on commence une série. L’idée est de chercher à constituer une petite collection de fiches/vidéos de montage de mouches/streamers/leurres dédiés à la recherche des carnassiers d’eau douce, en particulier des perches (mais aussi des aspes et des blacks).

On commence avec un Grey Ghost, un fantôme gris qui ne peut que faire un malheur dans les bordures en automne. Particularité de montage : nécessite une gamine de 4 ans.

x-mas

L’intersection de l’ensemble des gens qui lisent ce blog avec celui des gens familiers des éléments de la théorie des graphes est probablement un singleton. Si je me compte comme lecteur. Mais comme je me trompe souvent, et que le mélange “Noël plus pêche” produit dans Gogole des résultats navrants, voilà quand même.

Si vous êtes au bord du suicide et/ou que xkcd vous fait rire, n’hésitez pas à lauler dans les coms.

Joyeux.

Postures

Un commentaire de Marc à propos de mes élucubrations en forme de L a finalement été une révélation pour moi. Reprenons. La question est celle de la posture générale pendant le lancer. Un grand nombre de paramètres la définissent, et le moindre n’est pas (si l’on en croit Marc et Stefan Siikavaara) la tension musculaire dans les grands fessiers, mais en général on s’intéresse particulièrement à l’angle formé par le plan du corps et le plan de lancer. On peut distinguer au moins trois cas de figure plus un :

Pour les besoins de la cause on supposera que tous le monde est gaucher, mais ça ne change rien. Dans mon cas, la position naturelle est ouverte. La position droite est un peu guindée, et la position fermée améliorait mon contrôle sur l’alignement des lancers avant/arrière mais semblait coûter de la puissance.

La dernière position est une variante ésotérique à l’usage des übercasters. Ces hommes sont des professionnels entraînés, n’essayez pas de les imiter à la maison.

C’est là que Marc me petit-scarabise comme il aime à le faire et me dit popopop, sur l’Olympe, ça envoie dans le backing en fermant la position. oO me dis-je. Ok, retour sur le pré, cette fois pour une power session. Et en effet. Le truc, c’est que quand l’épaule droite est en avant, on peut avoir tendance à lancer en ne se servant que du bras, le tronc en position relativement stable. Je crois que c’est le mieux pour la précision. Mais si on songe à mobiliser le bloc épaule, la puissance revient, avec le contrôle. Que de perspectives…

Sans rapport, un médicament acoustique.

 

Brise marine

Il fait grisaille humide, brumes et froidure, et je me pèle le jonc à inventer de nouvelles fautes de lancer. La soie en l’air, c’est magique, même dans ces conditions, c’est vrai. Mais après une bonne heure, on finit par se rendre à l’évidence : les voisins ne vont pas tarder à appeler les urgences psychiatriques. Je rentre, et là je songe à des ailleurs…

Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !

[…]Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !

Plus facile à faire de nos jours qu’à l’époque de Mallarmé, il suffit de savoir où regarder sur la toile. Et voilà les souffrances qu’on s’inflige à l’âme…

Peut-être faudra-t-il attendre les calendes grecques (et vendre un rein).

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Je veux ferrer une carrague et faire hurler le frein du Nautilus.

Un film

hors du commun.

Fishporn plus scénario. Le film ultime.

Et là tu lances, une centaine de mètres dans cette direction, et tu prends un poisson instantanément , comme ça… et si tu peux, genre fait le sauter pour attraper la mouche…

And then you cast it like a hundred yard that way, and just catch a fish instantly, like this… and if you can, like make it jump and grab that fly…

Avec des instructions pareilles, un film peut pas rater.

L

Une heure sur le pré cet après-midi. Entre le taff, d’autres obligations et une sale crève qui s’est accrochée pendant deux semaines, ça faisait bien 18 jours sans entraînement, c’est fou ce que le temps passe.

Observation 1 : ce n’est pas forcément une mauvaise idée de faire un break après une période d’entraînement intense. Je retrouve mon geste comme je l’ai laissé il y a trois semaines, mais peut être plus relâché.

Observation 2 : ça peut être intéressant de travailler sur un terrain contraignant. Le jardin de mes parents est trop petit pour déployer vraiment de la soie, je dois avoir vingt mètres dans la diagonale, avec des arbres qui traînent ici et là. Du coup, pas besoin de me “Om mani padme hum“-er la tronche pour ne pas chercher la distance (syndrome du bourrin-plus-loin-plus-loin-plus-loin), y’a pas la place . Décomplexé, et finalement dans une situation assez proche de ce qu’on trouve en petite rivière, je finaude. Lancer après lancer, je lime la pointe de ma boucle. Je joue au contrôle de la soie.

Observation 3 : j’ai un pur problème de tracking. Le lancer avant et le lancer arrière ne sont pas dans le même plan, ma soie se ballade, et c’est surtout dommageable pour mon lancer arrière qui est souvent un vrai tas de boue. C’est là que je travaille. Ma position naturelle est assez fermée ouverte (droitier, pied gauche en avant, droit en arrière, et corps tourné vers le plan de lancer). Si j’ouvre je ferme (en lançant comme un joueur de fléchettes, pied gauche en arrière, tournant le dos au plan de lancer) le contrôle est bien meilleur : j’ai l’oeil dans le plan de la canne, et je peux veiller à ce que la soie reste bien alignée. Sauf que je perds beaucoup de puissance.

Observation 4 : je finis par une session ‘délirons un peu avec la soie”. 4a) je ne comprends rien au limp cobra, pas la moindre idée de ce qui se passe là dedans, sauf que c’est vachement sexy. Bien sûr. Mon imitation du geste ne donne rien de chez Rien. 4b) j’ai inventé une sorte de lancer en L. Oh bien sûr, c’est pas le vrai, mais rigolo quand même. Une fois le lancer arrière bien tendu, faire un lancer avant assez sec et court, sur le côté et avec un mouvement de poignet en tire-bouchon dans le sens des aiguilles d’une montre. oO

En fait c’est beaucoup moins compliqué à faire qu’à décrire. La boucle se forme plus ou moins à l’horizontale, et la soie se pose à 10m avec un coude à angle droit vers la droite sur le dernier mètre.

Como uno tendría que hacerlo

Et comme on ne se refait pas, j’entends la voix du magicien trans-pyrénéen qui me fait “bueno, ahora hazlo a mano izquierda” (bon, maintenant fais le à gauche). Et là bien sûr, je n’ai aucun idée de comment faire (à part lancer de la main gauche).

Cage (John)

Marc Fauvet, le patron du Cobra Mou, bien connu des habitués de ces lieux, nous lâche de la bombasse acoustique hier, et c’est trop lourd pour qu’on s’en passe sur g0ne. Séquence reblogging.

Je suppose que comme tout un chacun, vous êtes familiers de la musique de John Cage. Pour ma mère, qui n’en finit pas d’éduquer son oreille, et pour Goulven qu’un rien traumatise, je suggère d’écouter la Troisième Construction pour percussions, ça swingue, c’est magnifique. Mais là en fait, Marc nous a capté une vibration naturelle qui serait plutôt dans la ligne du deuxième Paysage Imaginaire.

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Histoire de mettre un peu de perspective dans tout ça, et pour ceux aussi qui lisent plus facilement qu’ils n’entendent, je ne résiste pas au plaisir de vous donner un petit bout d’une interview qu’on trouve sur la page de wikipédia dédiée au compositeur. Ça cadre parfaitement.

Quand j’entends ce qu’on appelle de la musique, il me semble que quelqu’un est en train de parler. De parler de ses impressions, ou de ses idées des relations. Mais quand j’entends la circulation, le son de la circulation — ici sur la Sixième avenue par exemple — je n’ai pas l’impression que quiconque parle. J’ai l’impression que le son agit. Et j’adore l’activité du son […] Je n’ai pas besoin que le son me parle.

(When I hear what we call music, it seems to me that someone is talking. And talking about his feelings, or about his ideas of relationships. But when I hear traffic, the sound of traffic—here on Sixth Avenue, for instance—I don’t have the feeling that anyone is talking. I have the feeling that sound is acting. And I love the activity of sound […] I don’t need sound to talk to me.)