Tailing Loop Blues

Deux heures sur le pré, deux heures d’enfer…

D’abord il fait moche, avec du vent en rafales de 30 à 50 kmh. Pas grave, me dis-je. De toute façon on n’est pas là pour faire des prouesses, mais pour analyser et tâcher de construire de la mémoire musculaire dans l’esprit de la méthode de Gammel. Sauf qu’il part du principe qu’on démarre avec des boucles raisonnables avec 20ft de soie. 6-7m.

A l’aise Blaise.

Sauf que maintenant mon cerveau turbine à plein régime. Pas crispé sur la poignée. Détends-toi. Moins fort. La pointe en ligne droite. Soigne ton accélération. Soigne ton stop. La pointe en ligne droite. Tire sur la canne au lieu de pousser. Regarde ta soie. Absorbe le rebond. La pointe en ligne droite…

aaaaAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaargh. L’horreur.

Je mesure à quel point je fais n’importe quoi, ce qui démolit mon geste. Jusque là, en tirant la langue, je pouvais shooter ma soie à 15-17m quand tout allait bien, à grand coups de double traction. Ça marche pas toujours, en général ça s’effondre autour de 15m, mais bon. On se dit : c’est pas trop la honte. Mais là, plus rien ne va : mes boucles sont pourries avec 6m de soie. Je suis déprimé. Mortifié.En deux heures d’effort, je ne vais pas sortir une seule boucle en pointe.

(Petit rappel sur les boucles pointues, pour ceux qui ne traînent pas sur Sexyloops : ).

Pourtant, je suis resté  discipliné cette fois. Souvent, quand j’en ai marre de looser sur des petites boucles, je fais comme tout le monde (si on en croit Lefty Kreh) :

Most fishermen use the double haul to throw their casting mistakes further.

(La plupart des pêcheurs utilisent la double traction pour lancer plus loin leurs erreurs de fouetté.)

Mais pas cette fois. Je n’ai jamais sorti plus de 8m. (Bon d’accord, au comble du désespoir, je me suis mis à tester le voodoo, qui sortait d’ailleurs étonnamment bien surtout dans ce contexte de loose intégrale).

J’ai bien fini par tasser mes U, quand ils ne s’effondraient pas en tailing loops, et retrouver un tracking potable (par intermittence). Mais de pointe, point. Je frôle la dépression nerveuse.

Bilan

  1. quand vous décidez de reconstruire votre geste, évitez le grand vent ou pensez à prendre du prozac.
  2. pour progresser, il faut commencer par tout démolir. Ce qui est très désagréable. Faites-le le plus vite possible. Maintenant par exemple, histoire de se laisser le temps de reconstruire avant l’ouverture…

2 thoughts on “Tailing Loop Blues

  1. Salut
    Sympa le blog ,je partage l esprit du TsCC !!
    Courage et persévérance dans l apprentissage du fly casting , avoir la maîtrise pour oublier la technique
    @+
    Sylvain

    • courage et persévérance, c’est exactement ce que je me dis…
      mais là tout de suite j’ai comme une envie de surfcasting… 150g de plomb qui volent à 100m sans état d’âme, et on s’en fout du vent…
      m’écoute pas, c’est la dépression qui parle
      ^_^

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