Rainbow: check

For once, I’ll do this one in French.

Un samedi au domaine de la Salamandre. On avait rendez-vous chez Greg à 0630 histoire d’être à l’heure devant la grille pour l’ouverture des hostilités. Quand j’ouvre les yeux, émergeant d’une nuit agitée pour cause d’intoxication éthylique la veille, 6024, et Greg habite à l’autre bout de la ville et ma bagnole est à dache.

!?!!

On n’a pas fait le peloton d’élèves sous-O pour rien, on passe la surmultipliée dans la seconde. Ne pas oublier la canne, les mouches, la bouffe (dans cet ordre) et c’est parti. vite vite vite. 15km et sept feux ignorés plus tard, j’arrive chez Greg avec 17min de retard, c’est mal, mais c’est pas atroce. Julien est là, on tchatche 3 secondes le temps de charger son coffre et c’est parti vers le Sud.

En partant de Lille, c’est presque toujours vers le sud, tu me diras. C’est juste. Mais là c’est autre chose : il fait beau. On va pêcher. C’est ma deuxième sortie de la saison, mais la précédente c’est sur le petit plan d’eau du club. Là, on va à big-mama-land. Y’a de la fario et des arcs dans la catégorie 4-6 kgs. Les deux-cent bornes filent comme une fleur, on refait le monde de la pêche et nos biographies haleutiques, pleins d’une anticipation qui sent le printemps. La vie est belle. Elle le serait encore plus avec une arc teigneuse au bout de la ligne.

C'est une tuerie, c't'endroit.

On arrive pour 9h, les hostilités ont déjà démarré sur l’eau. C’est samedi, il y a du monde : on est probablement à la limite des 20 pêcheurs. Mais 11 ha c’est grand, il y a de la place. Pas trop de gobage.

De la plage où on embarque, on repère une troupe de belles qui maraudent. Celles-là ont dû voir le catalogue général des mouches à truites dans son entier, mais impossible de ne pas chercher à les tenter, histoire au moins de voir ce qui peut les intéresser. Un scarabée et une DHE amènent quelques cycles montée, inspection, et puis refus. Un streamer déclenche une sorte de début d’attaque, avortée au dernier moment. L’adrénaline pompe déjà, la journée sera belle.

Greg embarque avec moi, nous nous dirigeons vers un coin qu’il connaît pour être productif. Il y a du monde, mais assez de place pour qu’on s’incruste. Un pote en float-tube a eu sa dose il file ailleurs, il nous laisse le coup. Conformément à ce que le gars à la réception nous avait indiqué, la vague activité de surface est vite retombée, avant le soir il faudra chercher au fond, au streamer. Ça tombe bien, j’en ai monté plein.

Le zonker noir à tête orange et corps vert fait merveille sur la première (dans les 35-40cm) avant de disparaître avec ma première vraie belle. Ma F904-4 MHX est assez rapide d’action, avec le 16% en pointe il faut être délicat du poignet. Je ne suis pas encore tout à fait ajusté. Il faut dire aussi pour ma défense que Greg avait bien choisi son moment pour prendre son bas de ligne sur ma canne : en pleine baston. Il me le refera trois fois dans la journée le cochon… Bref, une casse. Des bordées d’injures pour rigoler. Je remonte ma pointe en 20%. Parce qu’en fait on n’est pas là pour rigoler.

La palme de la matinée revient au streamer que voici, que je ne vous avais pas montré parce que je m’étais dit, vraiment, mec, tu vas quand même pas te couvrir de ridicule à ce point là… Evidemment, si les arcs valident, c’est plus pareil. On ne se moque pas d’un ancien combattant qui porte ses médailles.

The Thing that Fished.

J’aurais bien voulu lui faire une tête avec une bille, mais voilà : dans ma boîte, pas de bille. Du coup il me restait juste de la chaînette pour plomber en tête (en plus du fil de tungstène  généreusement enroulé sous le corps). J’ai encore jamais réussi à faire correctement tenir de la chaînette, ça finit toujours par se débiner. Bilan avant qu’il ne meure complètement défoncé par les coups de gueule, trois touches, deux prises dont cette demoiselle:

Repère d’échelle : le streamer est monté sur un hameçon Mustad mer n°4 à hampe longue (9146 NI). Je sais bien que ce ne sont pas des hameçon à mouche, mais les truites ne le savent pas, ils sont parfaits pour le streamer, et ils sont super pas chers. En dépit d’un plombage généreux dans la mouche elle-même, il faut encore que je rajoute deux cendrées pour descendre chercher le poisson. Pourquoi ? parce que je n’ai qu’une soie 6, et c’est une flottante.

La misère des débuts à la mouche, c’est qu’il faut acheter quinze mille trucs.

Les heures sur le gazon ont payé : je trouve la distance, et, même avec autant de poids en bout de ligne, mes boucles gardent de l’allure. Ça me vaudra un petit compliment d’un des copains du club, ce qui me procure plus de fierté que les truites prises. La truite, on ne sait jamais à quel point c’est un coup de bol. Une belle boucle, ça n’a rien à voir avec de la chance.

Pour ce qui est du matos, j’ai encore une pub à faire. La Barrio GT140S est une soie magnifique. Elle tient l’air à merveille, sa couleur permet de surveiller son backcast avec précision, et c’est important. Elle n’a aucune mémoire, elle est très souple. Son revêtement a encaissé sans broncher le traitement de misère à fond de barque, dans un environnement gavé de sable. La version intermédiaire est en commande en ce moment même.

J'en remets une, juste par vanité. Faut m'excuser : je suis débutant... Pas encore blasé.

L’après midi sera terrible : trois ferrées, trois remises à l’eau à distance. Entendre : perdues. Je blâme Greg, qui ne s’est pas jeté sur l’épuisette pour m’assurer les bonnes conditions psychologiques pour le combat. A vrai dire, je ne sais toujours pas pourquoi ces $ù$ù*** de @^ù$** de truites se sont décrochées.

Bref, je suis défait. La pêche est difficile pour tout le monde, sauf pour un gars à l’accent de l’Est très marqué, peut être un Vosgien, qui cartonne de façon absolument obscène et du coup humilie tout le monde en ruinant les excuses habituelles, genre le poisson pas mordeur, et le fond de l’air frais, et les conditions blablabla. Je suis partagé entre l’admiration et l’envie de le foutre à l’eau. ^_^’

Julien a fait sa journée sur la berge. Il débute à la mouche. Je pense que sa journée a été belle, mais je suis assez curieux de lire comment il l’a vécue. A suivre sur son blog.

Bilan : 8 en main, pour 15 ferrées. Greg : 12 / 20. Une belle journée. On a fouetté comme de malades pendant onze heures durant. Mon bras droit s’en souvient encore à l’heure où j’écris cette ligne. C’est une courbature de la bonne espèce, quand je la sens je souris. Vivement la prochaine.

Un peu de beauté pour finir dans ce monde de brutes : Greg qui tient la seule fario du jour, une petite merveille à la robe parfaitement dessinée.

10 thoughts on “Rainbow: check

  1. Bien sympa ce report ! Le soleil, les fish et les potes ! What else ?! Vivement le report de l’ami Julien 😉 ! Et pour les streamer, ce ne sont pas les plus jolis qui séduisent le plus ! 😀

  2. Désolé pour le double commentaire, c’est pas toujours évident avec l’iPhone ! Tu peux supprimer ce commentaire et le second qui fait doublette ! 😉

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