Lure Angler’s Challenge

For some reason, the frenchies in the lure community seem to think anything you do will sound cooler in English (even if most of them suck big time at it). What’s better in this than “Concours de pêche au leurres” is beyond me. So much for the rant. The rest is pretty cool, in a way: a handful of motivated guys try to move local mentalities, starting with the professionals.

Argument: if you want to make a living out of fishing, you care about the fish. You have to.

For those of you able to read French, if you haven’t seen it on Rodhouse, here’s Goulven’s report of the event. That’s quite a read, but a good one.

Bon alors à mon tour de faire un report sur cet évènement-tempête, dans tous les sens du terme, qu’a été le LAC

je tiens à préciser que le report que je vais faire ne se veut ni distancié ni objectif, c’est mon point de vue avec des morceaux d’idées dedans, et je le partage.

Alors au début … je n’étais pas chaud, et je n’avais pas caché mon sentiment à Bob et François, pour plusieurs raisons, liées d’abord à la date de l’évènement, Mi Octobre sur les pontons de Saint Malo je trouvais ça compliqué, même si je suis bien conscient qu’ils ont du faire en fonction de pleins d’autres dates et que le 15 Aout les aurait sans doute plus botté, ensuite sur le public visé, je ne comprenais pas bien l’intérêt de s’adresser à des gens à priori convaincus, ensuite sur le fond du problème, mon expérience en magasin m’ayant convaincu que la plupart des pêcheurs pêcheront jusqu’au dernier des poissons, que la pédagogie ils s’en foutent et que seul la peur du gendarme fait respecter la loi.

Mais plusieurs raisons me poussaient quand même à déplacer mes petites fesses jusqu’a Saint Malo …

la première c’est que déjà ils le font, et c’est énorme.

juste ça.

Comme ils ont l’habitude de le dire, “ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait”, au milieu de toutes les parlottes, de tous les blah blah, des sempiternelles engueulades d’hiver, d’été, deux gugusses ont bougé leur cul, pris de leur temps libre, de leur parole, se sont organisés, ont construit quelque chose, car on le verra ensuite, le LAC c’est d’abord une première pierre, et que l’énergie des hommes par principe ça se respecte : vous faites quelque chose alors ok, on sera là, de toute manière.

ensuite la démarche est bonne, l’angle d’attaque, le levier : faire bouger les pros de la pêche de plaisance, les détaillants, les marques, les guides, les marchands de bateau, les pros du temps libre, c’est là qu’il faut bouger, l’époque est au lobbying, la pêche de plaisance est un marché lié à l’état de la ressource, comptons nous et agissons si nous voulons continuer à vendre du matériel de pêche, tout simplement.

Enfin la dernière raison, moins avouable, c’est de pouvoir bloquer une date pour aller à la pêche et voir les copains, et j’en avais besoin.

donc bon on arrive la bas avec Thanh, représentants Rodhouse, et on est tout de suite mis dans le bain, on passe une soirée d’intense réflexion avec quelques joyeux drilles qui commence au Solidor, excellente crêperie de chez Phillipe, puis au bar du port,le Ponton, résultat des courses le lendemain matin on a trop réfléchi, nos cerveaux sont en état de burn-out et ne nous permettent pas d’émerger du voilier de François ou nous méditons, et nous ratons le briefing. ..

Je crois que si nous n’avions pas été sortis de nos rêveries par Delphine, nous serions à l’ heure actuelle encore plongés dans nos pensées. Gégé à l’air encore plus fatigué, il essaye de raconter autour de lui que mes ronflements l’auraient fréquemment réveillé, mais personne ne le crois, et il passe pour un fou, c’est pour moi une victoire.

Thanh et moi sommes inscrits en pêche du bord, il n’y a que trois équipes du bord, et au vu des conditions météos dégueulasses, la “compétition” est déplacée derrière le barrage de la Rance, et nous somme répartis sur des bateaux, la Fortune de Mer me place sur le bateau de Mathieu de chez Fiiish et de sa compagne, Thanh de son côté a moins de chance, et devra passer toute la journée avec Bob, triste sort.

La journée est pluvieuse et l’équipage de bonne humeur, nous pêchons sérieusement une petite heure sans succès, et passons ensuite en mode actif de pêche à la vieille, autant dire qu’on se fout méthodiquement de rentrer du bar, on est clairement là pour se faire plaisir et rigoler, la journée se passera dans la bonne ambiance et le dérouillage de mémé.

c’est le soir que les choses sérieuses commencent, nous somme amenés en bus jusqu’à “l’etoile du roy”, réplique d’une frégate malouine de 3 mats, qui accueillera le temps fort de ce week-end-évènement dédié à la préservation de la ressource, à savoir un débat, animé par Rodolphe Baubion, avec des intervenants de qualité Jean François Arbona (Spécialiste des biotopes marins), Loïc Escoffier (Marin pêcheur et coureur océanique), Arnaud de Wildenberg (guide de pêche) et Arnaud Filleul – chercheur diplômé du Muséum National d’Histoire Naturelle, collaborateur de l’American Museum of Natural History de New York, auteur de nombreux ouvrages et articles sur la pêche et les poissons)

Alors la suite du débat et des idées échangées, je vais la retranscrire à ma façon, les intervenants étaient cachés à ma vue, donc je ne voyais pas forcément qui disait quoi, mais je n’ai pas perdu une miette de ce qui a été dit, et je crois que tout a été dit ce soir là.

déjà un constat, un des intervenants qui pêchait Saint Malo, et qui n’y revenait que cette année, nous décrit tout simplement un désert par rapport à ce qu’offrait la côte en terme de diversité marine et de possibilité de prises pour le pêcheur, le jugement est sans appel et nous qui sentons l’affaiblissement des stocks d’année en année avec l’usure de l’habitude que ça implique ne pouvons qu’acquiescer devant quelqu’un qui parti depuis 15 ans puis revenu tout à coup nous dit “mais vous pêchez l’eau, ou sont passés les poissons qu’il y avait avant ?”

La certitude aussi pour les scientifiques c’est que le mur nous y allons, si nous n’y somme pas déjà, et le rappel de quelques vérités, pour que la pêche de loisir vive, un pêcheur occasionnel doit pouvoir aller acheter un petit peu de matériel chez son détaillant, passer une journée à la côte, et faire un peu de poisson.

Pour avoir passé un peu de temps derrière la caisse d’un magasin de pêche, je peux vous garantir qu’on en est à des années lumière, et je pense que les détaillants, qui sont au contact de la clientèle toute la journée ne me contrediront pas, alors on trouve des alternatives, on développe les pêches des céphalopodes, des touts petits poissons, mais à part quelques coups de ligne de quelques chanceux ou très bons pêcheurs, tous ceux qui pêchaient du bord il y a 15 ans décrivent un état des stocks sans commune mesure aujourd’hui avec ce qu’il a pu être.

Sur la gestion des stock justement, les scientifiques parlent de la difficulté à mesurer avec efficacité les stocks de bar, qui sert généralement les intérêts ceux qui tirent sur la corde.

Morues parallèles

Il est établi aussi des parallèles avec la morue, poisson pouvant atteindre deux mètres et pouvant vivre 50 ans, alors que le bar atteint sa maturité sexuelle en trois ou 4 ans, les scientifiques estiment que ça ne sera pas le poisson qui payera le prix fort, mais les acteurs pros de pêche de plaisance, qui connaitront une crise sans pareil, ou la casse sera forte, tant du coté des détaillants que des fournisseurs, alors que les exemples à l’étranger, étayants les dires des scientifiques, ont montré qu’en appliquant des mesures drastiques, les stocks de bars se reconstituaient en 5 ans, et que l’ensemble de la filière se remettait à travailler normalement.

Les intervenants pros de la filière pêche et aquaculture décrivent ensuite des systèmes économiques, la culture des algues par exemple, ou chaque acteur économique est encadré et surveillé, et ou tout le monde travaille dans le respect de la ressource, mais aussi des systèmes, comme celui de la pêche des coquillages en haute mer, ou seuls les armateurs les plus puissants capables d’armer les plus gros bateaux continuent à travailler et à pouvoir s’en sortir.

et là le parallèle est facile avec la pêche de loisir, et vient se confronter avec les certitudes qui peuvent être celles du panel de “bons pêcheurs” que représente l’assemblée.

Oui nous pêchons encore du poisson, certains en font même un argument, puisque nous, avec nos gros bateaux, notre électronique, nos connaissance de la pêche nous faisons encore du poisson, c’est que ceux qui “pleurent” après la raréfaction de la ressource sont peut être de mauvais pêcheurs …alors je dis à ceux là venez en magasin, écoutez le constat des pêcheurs amateurs, récréatifs, de ceux qui font vivre les détaillants et les marques de pêche, ceux qui voyaient une chasse par jour il y a quelques années et ne pêchaient qu’en les suivant, et qui peinent maintenant à en voir une dizaine par an, bien sur qu’il se passe quelque chose avec la ressource, bien sur que pro et plaisanciers ont quelque chose à y voir, à tel point que, comme le souligne Arnaud de Wildenberg, les techniques de pêche que nous utilisons maintenant nous permettent de pêcher au leurre souple des poissons creux et profonds, inaccessibles et protégés auparavant, que nous pouvons traquer maintenant, irions nous chercher ces poissons, loin s’ils étaient aussi disponibles à la côte, le fait d’aller chercher ces poissons n’est il pas un signe ..et un danger, puisqu’il s’agit des poissons les plus gros et souvent des meilleurs reproducteurs ?

ce doute qui traverse la salle est immédiatement décrypté par Arnaud filleul qui pointe ce qu’il appelle “le manque de culture naturaliste en France”, idée simple s’il en est, mais loin d’être simpliste pour autant.

Il décrit ce que nous connaissons tous : en France, dès qu’une discussion sur la ressource s’engage, c’est l’idéologie qui l’exprime en premier, on se fout des chiffres, des constats, de la réalité, de la nature, on veut d’abord exprimer une idée, et de préférence son idée, alors on dit c’est la faute des pros, c’est la faute des plaisanciers, on se renvoie la balle, et on ne s’ intéresse pas au poisson, à son activité, à l’impact de notre loisir et de nos prélèvements, on ne s’ intéresse pas aux faits, à la nature on veut prendre position et gueuler plus fort que le voisin.

Il décrit alors ce qu’est un esprit naturaliste, plus présent dans les pays nordiques, la ressource a un problème, on agit de suite à la source du problème, sur ceux qui prélèvent par exemple, plaisanciers et pros, et en quelques années, les stocks remontent, et tout le monde se remet à travailler.

d’autres idées sont abordées, le fait que pour les scientifiques le réchauffement des eaux ne fait plus débat depuis longtemps déjà, qu’en plus des problèmes de prélèvements abusifs, le bar remonte vers les eaux plus froide, en témoigne les prises de plus en plus fréquentes de ce poisson en Norvège, ou il était inconnu jusque là, et les prises maintenant régulières sur les côtes bretonnes de bonites et autres poissons d’eaux plus chaudes, autrefois statistiquement inexistantes.

des pistes sont évidement lancées, quotas journaliers et par personne, double maille, suppression des prix de retrait, interdiction des engins de pêche…qui aura le courage de choisir et de trancher, comme cela s’est fait en Irlande, aux USA, sans faire de l’idéologie, en s”intéressant aux faits ?

le débat se poursuit dehors, sur le pont de l’étoile du Roy, preuve s’il en était besoin de l’intérêt de ce débat, même auprès d’un public que je croyais convaincu.

L’Etoile du Roy

Nous poursuivons la soirée par un repas au QG, le bar du Ponton, accueillis de main de maitre par une équipe de serveurs rodés à ce genre de soirée, pas du tout impressionnés par le débarquement de ces 80 pechous et quelques, la soirée sera entrecoupée par le tirage au sort des très nombreux lots offerts par les sponsors, dans la bonne humeur, ça discute et ça rigole de partout, la soirée est une vraie réussite qui vient clôturer une super journée, à tous points de vue.

Pour ma part j’en ai pris plein la tronche, le débat a été de très haute tenue, je crois que ça à fait du bien à tout le monde d’entendre ce que pouvait être un constat scientifique, ce que pouvaient être des exemples de gestion sérieuse d’un milieu naturel, et pas des on dits et des “je crois que”.

Bob, François, Delphine, et tout ceux qui les ont suivis et aidés, Jeff et tant d’autres .. ont posé lors de ce weekend des jalons désormais incontournables, le “milieu” de la pêche sait, est prévenu, a écouté …

a-t-il entendu ?

Je me suis quand à moi trompé, je pensais que c’était un coup d’épée dans l’eau, j’avais tort sur toute la ligne, c’était au contraire le début d’une prise de conscience, les organisateurs ont conçu cet événement comme une sorte de “franchise”, ils ne se sentent propriétaires de rien et aimeraient que le principe soit repris, l’événement relancé, et surtout le message relayé.

merci encore à vous d’avoir été les premiers à oser remuer tout ça avec autant de force et d’engagement.

voilà, c’était en direct de mon point de vue, comme ça vient,

Goulven

 

8 thoughts on “Lure Angler’s Challenge

  1. pretty simple and normal imo that they would look elsewhere for cool.
    the french language doesn’t even have a word for cool, that is, except for ‘cool’…

    will you be at Mark and Steve’s course in London on the 18th ?

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